Buenos Aires, les 31 octobre et 1er novembre 2009
ArgumentS’il est une fixité dans l’enseignement de Jacques Lacan qui en comporte si peu, il ne peut s’agir, en tout premier lieu, que du ternaire symbolique / imaginaire / réel, inventé en 1953 et tenu jusqu’à la fin, quand bien même le sens de chacun de ces termes s’est trouvé plus d’une fois modifié. Un ultime et plus radical changement de cet ordre eut lieu lorsque le borroméen fut apporté à Lacan : le rapport qu’entretiennent entre eux ces trois registres est alors repensé, tandis que survient l’inédite problématisation de leur équivalence.
Un tel bouleversement prêtait à conséquences. L’exigence s’ensuivit d’une reprise à nouveaux frais de chacune des questions jusque-là traitées - ce qui fut partiellement réalisé, notamment concernant l’amour. Quel effet eut, sur l’amour, l’accrochage du ternaire symbolique / imaginaire / réel au borroméen ? Certes, les considérations du grand moment séminariste sur l’amour que furent Encore et ¼ou pire, qui avaient beaucoup séduit, sont alors délaissées, on ne s’y attardera pas ; on tentera de répondre en développant surtout certains thèmes que les séminaires « borroméens » offrent comme autant de pistes : l’amour versus l’adoration ; la confrontation de l’amour Lacan (je le dénomme ainsi) et de l’amour divin ; l’amour pensé non plus comme « faire un » mais en tant qu’« être à deux » ; la place et la fonction de l’amour dans la subjectivation (et donc dans l’exercice analytique) ; le débat sur l’amour avec Aristote ; l’hainamoration.
Jean Allouch
BibliographieOn l’inférera aisément de l’argument proposé.