Actualité d’Érotique du deuil
Le problème du deuil est l’un de ces problèmes majeurs qui, au champ freudien, se présentent comme doublement déterminants : d’une part ils marquent chacun des autres problèmes majeurs - de là, par exemple, ma formule selon laquelle la clinique analytique, c’est le deuil. Je n’ai pas inventé l’articulation deuil/clinique puisque Freud lui-même présente la névrose de l’homme-aux-loups comme deuil non accepté de son père. Simplement, je la lis, l’interprète, la modifie en supprimant le « non accepté », qui ne tient qu’à l’intervention d’une norme pour le deuil, norme qui, précisément, n’existe plus. L’analyse aussi, donc, est effectuation d’un deuil. Ceci va se trouver confirmé dans ce dont je vais parler ici même, à Buenos Aires, ce prochain week-end, à savoir un cas d’analyse réussie publié par Lucia Tower et commenté par Lacan dans son séminaire L’angoisse. Lacan souligne que cet analysant de Lucia Tower fait, dans son analyse, un certain deuil, le deuil de son analyste, plus précisément de ce que cette femme analyste présentifie pour lui, à savoir que la femme ne manque de rien – ce qui le châtre lui.
Les « problèmes majeurs » que j’évoque sont aussi déterminants en ce sens que chacun d’eux comporte, contient l’ensemble de la théorie. Pendant qu’il faisait la guerre dans l’armé autrichienne, Wittgenstein tenait un petit carnet de bord<!--[if !supportFootnotes]-->[1]<!--[endif]-->. Entre autres choses, il y nota ses difficultés à travailler, notamment à acquérir une vision d’ensemble et donc une solution d’ensemble pour les questions qui l’agitaient. Il écrivait, à ce propos que cette solution d’ensemble devait être présente dans l’analyse de chaque problème de détail<!--[if !supportFootnotes]-->[2]<!--[endif]-->. Je ne sais si cette exigence doit fonctionner non pas seulement pour la logique mais aussi en psychanalyse, en tout cas il parait clair que, pour certains problèmes, ceci fonctionne, ne peut que fonctionner. Et ce serait donc le cas du deuil.
Érotique du deuil au temps de la mort sèche est paru en France en avril 1995 ; le livre eut un certain retentissement puisqu’il eut une seconde édition moins de deux ans plus tard. Entre temps, il avait été traduit en espagnol, ici même, en Argentine, et s’était supplémenté d’un écrit de mon traducteur Silvio Mattoni sur Pour un tombeau d’Anatole de Mallarmé. Tout récemment, enfin, l’Espagne a manifesté le souhait de le publier. Et comme il se trouve que votre aimable invitation de ce soir mettait en avant cet ouvrage, je me suis dit que, six ans après sa publication, cette invitation pouvait être l’occasion de faire le point à son propos.
Ce n’est pas que je croie spécialement à cette démarche qui s’appelle « faire le point », pas plus qu’à l’idée (chrétienne, disait Lacan) de la vie comme voyage. Certes, pour un navigant, « faire le point » a du sens. Mais justement, ce sens s’évanouit si la vie n’est pas un voyage, pas plus que l’amour n’est un compagnonnage pour ce voyage, comme pourtant, d’aucuns se plaisent à le penser, en Occident, aujourd’hui (« viens avec moi, nous allons faire un bout de chemin ensemble » : où est le sexe, et même l’amour dans cette proposition ?). Une fois écartée, donc, cette trompeuse métaphore du navigant, l’on s’aperçoit qu’il n’y a qu’une façon possible de « faire le point », c’est d’avancer, c’est faire le pas suivant. La chose est sensible dans la pratique analytique : si un analysant entame une séance en disant qu’il a l’intention, ce jour-là, de faire le point sur son analyse, l’analyste peut aussitôt lever la séance, c’est le meilleur service qu’il puisse rendre à cet analysant que de physiquement l’empêcher de s’égarer dans cette démarche sans issue.
Ce sera donc au sens d’un pas suivant que je me propose ce soir avec vous de traiter de l’actualité d’Érotique du deuil au temps de la mort sèche ; plus précisément, d’aborder cette actualité en deux lieux différents : l’université et la littérature.
1/ L’université.
Le 27 mars dernier, jour à marquer d’une pierre blanche (ou noire peut-être), Érotique du deuil a fait son entrée en Sorbonne. Oh, juste une discrète entrée, mais une entrée tout de même. Une thèse a en effet été soutenue ce jour-là. Son titre : le travail du deuil : naissance et devenir d’un concept. La thésarde, Martine Lussier, présentait son travail devant un jury composé de : Pr. S Ionescu, Dr Green, Pr. R. Roussillon, Pr. D. Widlöcher et de J. Semprun, avec pour ce dernier cette précision : « de l’Académie Goncourt ». Martine Lussier avait été, comme je le fus, frappée et mise au travail par l’incroyable promotion socio-culturelle du « travail de deuil », et elle a tenu à savoir de quoi il retournait en suivant ce concept à la trace. Sur certains plans, je le dis très volontiers, elle a fait beaucoup mieux que moi, allant par exemple jusqu’à Washington, à la Bibliothèque du Congrès, pour y lire le manuscrit premier de « Deuil et mélancolie »<!--[if !supportFootnotes]-->[3]<!--[endif]-->. Elle a donc lu Érotique du deuil, elle en discute de manière critique la plupart des points dans sa thèse<!--[if !supportFootnotes]-->[4]<!--[endif]-->, elle agrée le plus souvent aux remarques et conclusions.
Je vous parlais d’une entrée discrète. Il ne faut pas négliger en effet, que ce bouquin est un des 219 titres de la bibliographie de cette thèse, laquelle n’est qu’une partie des 8000 références que Martine Lussier a recensées sur le travail du deuil dans les « banques de données », comme on les appelle. 1/219e, ça ne pèse pas très lourd !
Selon les critères universitaires, cette thèse fut jugée excellente. Je noterai aussi pour ma part qu’il s’agit d’une thèse d’aujourd’hui. Il n’apparaît pas dans son titre qu’en même temps que le deuil Martine Lussier étudie l’exil. Or la confrontation de ces deux thématiques a fait surgir un certain nombre de considérations intéressantes et actuelles.
L’exil, a-t-on remarqué, est beaucoup moins étudié que le deuil au champ freudien. Il n’y a que quelques références dans les fameuses banques de données. Et ceci en effet est curieux, si l’on songe que l’exil a marqué l’histoire de la psychanalyse d’une façon que l’on pourrait presque dire massive. Mélanie Klein vient de l’exil, l’Ego-psychology aussi, la plupart des continuateurs de Freud qui firent oeuvre furent des exilés. Or quasiment personne, hormis mon ami très regretté Jacques Hassoun, n’a parlé de l’exil. Qu’en est-il ici, où est encore sensible, à l’intérieur même des communautés, la coupure entre ceux qui sont revenus d’exil et ceux qui ont vécu sous la dictature militaire ? A-t-on réfléchi sur l’exil et sur le non-exil ? Peut-être quelqu’un voudra-t-il nous dire tout à l’heure si, depuis la fin de cette dictature, des travaux ont été publiés.
La thèse de Martine Lussier faisait valoir, grâce à cette confrontation deuil / exil, un certain nombre de points. Notamment ceux-ci :
1/ L’extension à laquelle se livre Freud dans « Deuil et mélancolie » en parlant du deuil d’un idéal ou du deuil de la patrie n’est pas juste. Et sans doute la présence au jury de J. Semprun, réfugié politique espagnol en France, était-elle bien faite pour apporter sa caution à ce point.
2/ On ne peut parler de l’exil en termes de deuil, il y a, entre les deux, solution de continuité. Mais la différence n’est pas seulement liée à la dissemblance de ce qui était perdu. En passant de l’étude du deuil à celle de l’exil, seconde partie de son travail, Martine Lussier a aussi dû changer de registre, quitter la métapsychologie au profit d’une étude phénoménologique, et ce changement signait, lui aussi, l’irréductibilité de l’exil au deuil.
Certes personne dans le jury ne s’est avisé que Freud n’avait pas réussi à écrire sa métapsychologie. Au contraire, le secteur psychanalytique du jury semblait bien croire la métapsychologie possible. Et on a donc reproché, de ce côté-là du jury, à Martine Lussier ce glissement. Pourtant, il n’est pas exclu que ce soit elle qui, pour avoir procédé ainsi, annonce notre proche avenir. Non seulement par ce glissement méthodologique<!--[if !supportFootnotes]-->[5]<!--[endif]-->, mais aussi par le glissement thématique, par le passage d’un questionnement du deuil à un questionnement sur l’exil. Peut-être, dans ce proche avenir, n’y aura-t-il plus de deuil, l’endeuillé n’étant plus alors, dans son rapport au mort, qu’un exilé. En clivant deuil et exil, Martine Lussier annonce-t-elle ce changement ?
Mais comment fut reçue, dans le jury, cette première manifestation d’Érotique du deuil dans l’université ? André Green le premier en parla. Green, un de vos collègues les plus notoires de l’IPA, est un de mes adversaires parmi les plus sérieux, un adversaire, pas un ennemi. Et son intervention fut d’excellente qualité<!--[if !supportFootnotes]-->[6]<!--[endif]-->.
Je ne vais pas vous résumer l’ensemble de son propos, seulement noter quelques points. Après avoir écarté la contribution de Bowlby au problème du deuil comme étant non psychanalytique<!--[if !supportFootnotes]-->[7]<!--[endif]-->, Green a parlé de la bagarre entre kleiniens et freudiens de pure obédience sur le deuil. Ceux-ci, précisait-il, pensent le deuil comme perte, les kleiniens, eux, le pensent comme réparation. Green faisait, à partir de là, le constat que c’était M. Klein qui avait gagné. Il connaît bien mieux que moi toute cette littérature, et je suis prêt à lui faire confiance sur ce jugement. Désormais, le deuil, ça se répare, et l’éventail de ceux qui s’avancent comme réparateurs est assez large, s’étend depuis ces psychanalystes qui, en France comme en Argentine, se proposent pour cette fonction jusqu’à l’actuel traitement du deuil par des médicaments.
Vous aurez compris que Green se situait, lui, et là nous sommes sur un point d’accord, résolument du côté de Freud, de la perte et non pas de la réparation (de cette réparation qu’on voit ressurgir, sans doute malheureusement, dans le séminaire de Lacan Le sinthome). D’autant plus résolument qu’il faisait sienne la façon dont Freud traitait du deuil avec la mélancolie. Il reprochait donc à Martine Lussier (mais ce reproche pourrait partiellement porter aussi sur mon bouquin) d’avoir étudié le concept de « travail du deuil » en le coupant de la mélancolie, alors que, selon lui, il faudrait reparcourir tout Freud sans jamais lâcher ce lien du deuil et de la mélancolie. Bref, il reprochait à Martine Lussier de ne pas avoir fait le travail qu’il considérait, lui, comme le seul valable. Fort intelligemment, avec beaucoup d’à propos, Martine Lussier lui répondit par la citation d’une lettre de Freud à Lou Andreas-Salomé, lettre où Freud précisait que sa méthode, quand il étudie un objet, est d’isoler cet objet, de s’en remettre d’abord au matériel empirique pour ensuite, mais seulement ensuite, lier cette étude à celle des objets voisins et à l’ensemble de la métapsychologie. Elle était donc, elle aussi, rétorquait-elle à Green, une freudienne ; Freud ne lui interdisait pas d’étudier le deuil (à la manière de Wittgenstein travaillant un problème majeur mais local) indépendamment de la mélancolie. On voit par là à quel point il est difficile de déterminer ce qu’être freudien veut dire et implique, méthodologiquement, comme type de recherche à mener à bien.
Green signala comme importantes, pour l’étude du deuil chez Freud les lettres de celui-ci à Fliess où Freud dit à son alter ego d’ami la mort de son père. Et c’est à ce propos que, usant de l’expression « mort sèche », il déclarait, devant l’éminent aréopage de cette soutenance : « Allouch me fait bien rire ». Je ne puis certes que me réjouir de faire rire Green qui n’est pas quelqu’un de spécialement rigolo, qui, en tout cas, ce jour-là, n’a guère fait rire. Je m’en réjouis car, si je le fais rire, c’est que je touche chez lui un point d’inhibition.
Je le touche au-delà de ce point où je le provoquais à commettre l’erreur qui consiste, au nom de ces lettres à Fliess, à écarter l’ancrage de « Deuil et mélancolie » dans la mort romantique. Une preuve de cet impact me fut d’ailleurs généreusement donnée par la suite de ce qu’allait développer Green. En effet, évoquant quelques cas de deuil auxquels il avait eu affaire dans sa pratique, que disait-il ? Que, selon lui (« selon lui » car nous n’avons aucun moyen de vérifier) certains de ces deuils se seraient terminés par¼ un rêve de défécation. Question sacrifice, peut-on mieux faire ? Ne confirme-t-il pas ainsi, sans peut-être s’en rendre compte, et ceci expliquerait son rire grinçant, l’Érotique du deuil ? Il me semble que oui.
Daniel Wildlöcher, autre sommité de l’IPA, devait lui aussi mentionner ce livre. C’était pour signaler que la question du non-accomplissement de la vie du mort comme détermination essentielle du deuil lui était apparu comme importante et à creuser. Dont acte<!--[if !supportFootnotes]-->[8]<!--[endif]-->.
2/ La littérature
Je ne vous dirai rien, sinon la présente mention, de la rencontre d’Érotique du deuil avec le roman de Philippe Forest L’enfant éternel<!--[if !supportFootnotes]-->[9]<!--[endif]-->, une rencontre qui eut et garde pour moi une très grande importance. Il y a quelques mois, j’ai eu l’inimaginable surprise, en lisant L’annulaire de Yôko Ogawa<!--[if !supportFootnotes]-->[10]<!--[endif]--> d’avoir affaire non pas tant à une confirmation d’Érotique du deuil qu’à ce que j’appellerai un prolongement de ce livre. Il s’agit donc d’une confirmation du meilleur cru, justement parce qu’elle est un prolongement, parce que ce qui va au-delà, ce qui va plus loin s’avère relever de la même logique que ce qui s’était élaboré. C’est tout de même étrange, n’est-ce pas, que quelque chose de décisif nous vienne, une fois encore, après Kenzaburô Ôé, du Japon<!--[if !supportFootnotes]-->[11]<!--[endif]-->. J’ignore la raison de cette « incisivité » du Japon, mais elle est un fait. Peut-être ce fait s’appelle-t-il de deux noms : Hiroshima, Nagasaki. En effet, récemment, lors d’un colloque au centre Beaubourg à Paris, un conférencier racontait que Yôko Ogawa, née en 1962, s’était mise à écrire à l’âge de 16 ans, année où elle entendit parler d’Hiroshima et où elle lisait le Journal d’Anne Frank. Je n’oublierai jamais pour ma part qu’à Hiroshima une formidable rumeur chantée vint troubler le début de ma nuit. Nous étions, avec ma femme, pourtant très haut perchés dans l’hôtel que nous avions choisi le plus proche du lieu où était tombé la bombe, juste à côté des ruines du seul bâtiment qui s’était maintenu debout et qui était, je vous le donne en mille¼ la chambre de commerce. Tout un symbole, non, que cette pérennité du commerce dans l’horreur ? Alertés, nous approchant de la fenêtre, nous vîmes, second étonnement que devait nous réserver ce lieu, plusieurs dizaines de milliers de japonais chanter, hurler de bonheur. C’était le public d’un match de¼ base-ball. Ainsi donc les USA triomphaient-ils là-même où ils avaient tout, avaient presque tout détruit. Si le public japonais en est là, on s’étonnera moins que les choses d’une autre trempe passent par les voies de la littérature.
Les raisons qui poussent à souhaiter un spécimen sont différentes pour chacun. Il s’agit d’un problème personnel. Cela n’a rien à voir avec la politique, la science, l’économie ou l’art. En préparant les spécimens, nous apportons une réponse à ces problèmes personnels<!--[if !supportFootnotes]-->[13]<!--[endif]-->.
Bien sûr, nos clients peuvent venir leur rendre visite quand ils le désirent. Mais la plupart des gens ne reviennent jamais ici. C’est le cas aussi pour la jeune fille aux champignons [notez l’expression, elle est de la même facture que « l’homme aux rats »]. Parce que le sens de ces spécimens est d’enfermer, séparer et achever. Personne n’apporte d’objets pour s’en souvenir encore et encore avec nostalgie<!--[if !supportFootnotes]-->[15]<!--[endif]-->.
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<!--[if !supportFootnotes]-->[1]<!--[endif]--> Ludwig Wittgenstein, Carnets secrets 1914-1916. Trad. de l’allemand et présenté par Jean-Pierre Cometti, Tours, farrago, 2001.
<!--[if !supportFootnotes]-->[2]<!--[endif]--> Je donne de sa remarque ci-dessus une lecture minimaliste. Bien plus radical, Wittgenstein disait exactement ceci (les […] sont dans le texte publié) : « J’aperçois des éléments sans savoir comment ils […] s’articulent au sein du tout. […] Tout problème nouveau est pour moi un fardeau. […] […] une claire vision d’ensemble devrait montrer que tout problème est le problème principal, et la vision de la question principale ( ?) n’est pas une source de découragement, mais de stimulation » (je souligne ; op. cit., p. 42). Sur le statut du détail, du fragment, on ne peut éviter de s’instruire aussi auprès du très remarquable livre de Pascal Quignard Une gêne technique à l’égard des fragments, Paris, Fata Morgana, 1986.
<!--[if !supportFootnotes]-->[3]<!--[endif]--> Un vicieux du jury lui a d’ailleurs demandé : savez-vous déchiffrer l’illisible écriture de Freud ? Réponse : oui !
<!--[if !supportFootnotes]-->[4]<!--[endif]--> Hormis le jeu petit a - j dans l’interprétation lacanienne d’Hamlet, que je n’ai pas dû savoir bien présenter puisque, lectrice compétente et appliquée, elle n’en donne pas moins sur ce point sa langue au chat.
<!--[if !supportFootnotes]-->[5]<!--[endif]--> L’enquête sur l’exil est faite par questionnaires, exploités à la fois statistiquement et « psychanalytiquement », non sans que Martine Lussier ne soit avertie de la nécessité, ici, des guillemets.
<!--[if !supportFootnotes]-->[6]<!--[endif]--> N’étant pas professeur, il était libre de ses mouvements et lorsque le président du jury intervint pour lui dire de faire plus court, il répondit qu’il avait des choses à dire et que, si ça ne plaisait pas, il était prêt à quitter la salle tout de suite, moyennant quoi on lui ficha la paix. Ceci indique qu’il avait pris sa mission très à cœur, et qu’il entendait bien la remplir aussi parfaitement que possible.
<!--[if !supportFootnotes]-->[7]<!--[endif]--> C’est tout juste si, disant Bowlby un « esprit simple », il ne l’a pas traité de simple d’esprit.
<!--[if !supportFootnotes]-->[8]<!--[endif]-->Jean-Bertrand Pontalis prend lui aussi ses distances avec « Deuil et mélancolie ». Ainsi déclare-t-il « hâtive » (« Oh ! qu’en termes galants ces choses-là sont dites ») l’idée freudienne que l’endeuillé sait qui il a perdu, et récuse-t-il explicitement cette autre conception freudienne d’un objet d’amour qui serait substituable. Bigre ! Mais pourquoi, puisqu’il se trouve que j’ai été le premier à être explicite sur ces deux points, ne pas me citer ? (J.-B. Pontalis, « Rêver nos morts », f.a, n° 7, Paris, éd. Autrement, 1999, p. 295-306).
<!--[if !supportFootnotes]-->[9]<!--[endif]--> Philippe Forest, L’enfant éternel, Paris, Gallimard, 1997. Dans le roman qui suivit, récit, encore, de son deuil de l’enfant morte (Toute la nuit, Paris, Gallimard, 1999), Forest dit sa lecture d’Érotique du deuil au temps de la mort sèche.
<!--[if !supportFootnotes]-->[10]<!--[endif]--> Yôko Ogawa, L’annulaire, récit traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle, Arles, Actes Sud, mai 1999.
<!--[if !supportFootnotes]-->[11]<!--[endif]--> Forest, d’ailleurs, nous a rapporté de son dernier voyage au Japon, un entretien avec Ôé : sur ce terrain aussi nous nous trouvons proches (Philippe Forest Ôé Kenzaburô, Légendes d’un romancier japonais, suivi d’un Entretien avec Ôé Kenzaburô, Nantes, éd. Pleins Feux, 2001. À quoi s’ajoute une étude de critique littéraire : cf. P. Forest, Le roman, le je, Nantes, éd. Pleins Feux, 2001).
<!--[if !supportFootnotes]-->[12]<!--[endif]--> Cette semaine qu’il faut choisir si l’on souhaite entrer en contact physique avec le Japon.
<!--[if !supportFootnotes]-->[13]<!--[endif]--> Yôko Ogawa, op. cit., p. 16.
<!--[if !supportFootnotes]-->[14]<!--[endif]--> Payer, combien ? Le prix d’un bon repas dans un restaurant français ! Ceci nous évoque Lacan ayant déterminé le prix des séances de François Perrier en s’étant fait inviter par celui-ci, juste avant le début de son analyse, dans un bon restaurant. Le prix de l’addition, réglée par Perrier, détermina celui des séances (double, donc, du prix du spécimen dans le laboratoire de monsieur Deshimaru).
<!--[if !supportFootnotes]-->[15]<!--[endif]--> Ibid., p. 23.
<!--[if !supportFootnotes]-->[16]<!--[endif]--> Ibid., p. 58.
<!--[if !supportFootnotes]-->[17]<!--[endif]--> Ibid., p. 80.